A Photographic Diary 2005-2013
Daniel Brunemer

Galerie les Bains Révélateurs
Du 30.09 au 11.09.2016

2 ou 3 choses à propos de Daniel Brunemer

Brunemer est un personnage dans la vie, un phénomène dans le monde de la photographie.

Il aurait pu être acteur de cinéma tellement jouer à être lui-même (paradoxe !), séduire, est dans sa nature. Une aura qu’il s’est forgé très jeune en rébellion contre le père. Mais pas que. Cette aura n’a jamais cessé de grandir et d’irradier ceux qui l’approchent. Demandez autour de vous (hommes et femmes), tous les témoignages concordent et les avis sont tranchés. On l’aime. Ou pas.

C’est que Brunemer fascine par sa personnalité ouverte et réservée, pénétrante et distante, acérée et détachée… Brunemer n’est personne d’autre que lui-même. Il vit selon ses propres lois.

Voila pourquoi son oeuvre n’appartient qu’à lui. Sa vie, son œuvre semblent impossibles à dissocier. Tels Basquiat qui déclarait ”Quand je peins, je ne pense pas à l’art, je pense à la vie” et beaucoup d’autres pour lesquels il a des admirations marquées, Diane Arbus, Robert Franck, Boris Mikhaïlov, Lee Friedlander, Josef Koudelka… pour ne citer que des contemporains.

Et si le personnage alimente les phantasmes et la mémoire de générations d’étudiants passés par la section “Photographie” de l’Institut Saint Luc (Tournai, Belgique), son œuvre exerce la même fascination. Souvent perçue comme sulfureuse et dérangeante, elle sera maintes fois censurée ou empêchée d’accrochage et publications par les institutions et les éditeurs. Car Brunemer photographie les minorités et les marges de la société – ces fameux milieux de la nuit, ceux des travailleurs du sexe («Quartiers Nord » ou la série « Pornographique ») mais aussi ses proches depuis toujours.

Ainsi, ses images nous montrent à quel point l’art résulte d’une expérience et de sa mise à l’épreuve (photographique). Sans tabous, sans préjugés, sans artifices.

« Et si la normalité bourgeoise n’était qu’une sorte de folie ? » me disait-il un jour. « Les fous, ce sont les gens “normaux” » car ils récusent ce qui est est, ce qui est visible, ce qui est à voir. Photographe, il se méfie des idéologies détachées de la nature sensible des choses. « Regarder, voir et montrer » dit-il.